أخبار الأئمة الرستميين ابن الصغير [دارس عن الإباضية]

أخبار الأئمة الرستميين لابن الصغير - موافق للمطبوع

الجزء ١ · صفحة ١٣٥

CHRONIQUE D’IBN SAGHIR

SUR LES IMAMS ROSTEMIDES DE TAHERT

PREFACE

A. De c. Motylinsky

Dans une étude publiée en 1885 sous les auspices de l’Ecole des lettres d’Alger ، j’ ai signalé ، en donnant un résumé ، un document concernant les imams Rostémides de Tahert à un certain lbn saghir.

C’est le texte complet de ce manuscrit dont il n’existe، à ma connaissance، qu’une seule copie au Mzab، que je donne aujourd’hui . La traduction qui y est jointe aurait dû، pour former un tout complet et faciliter les recherches ultérieures، être accompagnée de notes étendues sur les origines et les croyances des Abâdhites ، les débuts et le développement de la secte dans le Maghreb، ainsi que sur les évènements historiques qui ont précédé et amené la fondation de Tahert .

Le cadre restreint de ce travail، simple contribution à l’histoire encore à faire du kharidjisme africain، ne me permettait pas d’insister sur ces intéressantes questions qui du reste ont été déjà traitées partiellement.

Je ne puis mieux faire pour l’instant que de renvoyer à la Chronique d’Abou Zakaria، traduite et annotée par notre regretté Masqueray.

Je me permets aussi d’indiquer، comme références، mas modestes publications sur les Abâdhites d’Afrique، Guerara depuis sa fondation، le djebel Nefousa et en dernier lieu La ‘Aqida abâdhite qui vient de paraitre dans le volume que l’Ecole des Lettres a publié à l’occasion du congrès qui nous réunit.

La relation d’Ibn Saghir est jusqu’à présent le plus ancien-ment qui nous soit parvenu sur les Abâdhites du Maghrib. Elle ne doit pas être comprise dans la série des chroniques rédigées par les docteurs de la secte، chronique d’Abou Zakaria، Tabadât de Derdjini، Djaouàher d’El-Berràdi، kitàb es siar de chemmakhi et autres recueils secondaires analogues aux Acta Sanctorum ، qui for-ment le fond de la bibliothèque historique des Abâdhites du Mzabet de leurs frères de Djerba et du Djebel Nefousa.

Elle est l’œuvre d’ un musulman étranger à la secte qui a habité la Tahert des Rostemides، sous les règnes des derniers princes de cette famille، et a eu la curiosité de recueillir de la bouche des Abà-dhites de cette ville les traditions transmises sur ‘Abd er rahmàn ben Rostem et ses successeurs .

La Chronique d’lbn saghir s’arrète au règne d’Abou Hâtim yousof qui succéda à son père Adou’l Yaqzhàn en 281 hég. Et fut détrôné et remplacé par Ya ‘qoub den Aflah’، puis rétabli. Elle ne fait pas mention des évènements violents et tragiques qui précédèrent، d’un an ou deux peut-être، la destruction de Tàhert par le dè’i Abou ‘abd Allah (296 hég.). Elle parait donc avoir été rédigée vers 290.

En tant qu’histoire générale des Abâdhites، elle n’a pas la valeur de la chronique d’Abou zakzryà. Elle est l’histoire plutôt anecdotique des princes rostèmides، la monographie de la Tahert abàdhite dans sa vie intime، avec ses compétitions d’influences intérieures et extérieures qui ont donné lieu à une longue série de luttes fraticides. Mais elle n’en est pas moins précieuse pour la connaissance de certains évènements sur lesquels les chroni-queurs abâdhites ont glissé trop rapidement ou qu’ils ont pontifes impeccables et de ne pas porter préjudice à l’honneur de la secte.

Fondée en 144 par ‘abd er Rahmàn ben Rostem dans les circonstances que tout le monde connait، Tàhert voit s’augmenter rapidement le premier noyau de peuplement formé par un groupe de nefousa venus à la suite de leur futur imâm et de quelques émigrés de l’Ifriqiya. Ce n’est cependant qu’en 160 ou 162، d’après Abou zakarzà، que les Abâdhites groupés dans la ville nouvelle، confèrent l’imamat à ‘Abd er Rahmàn.

Fournel estime qu’il est rationnel de faire partir le ègne de ce prince de l’année même de la fondation de la ville (Berbers، t.v، p. 90، 91). Ll est au contraire très naturel d’admettre pour le commencement de son imâmat la date de160. En effet، il ne faut pas oublier qu’Abou Hâtim El Melzouzi، que les historiens orthodoxes représentent comme un simple chef de l’insurrection berbère، avait été nommé par les Abâdhites imâm de défense ( إمام الدفاع) en 145 et qu’il exerça le commandement avec ce titre qui ralliait autour de lui toutes les forces des Kharedjites، jusqu’en 155، année ou’ il fut tué à Djenbi par les troupes de Yezid ben Hâtim.

Ce désastre dans lequel périrent، d’après En Nouairi، trente mille Berbères، porta un terrible coup au Kharedjisme. Ll amena probablement un mouvement d’e’migration des Nefousa، des Hoauàra et autres tribus vers le Maghrid central. Pour échapper à l’autoritè de Yezid ben Hâtim، les Abâdhites se rallièrent autour de ‘Abd er Rahmân ben Rostem et c’est alors seulement، quand la population de la ville se fut augmentée par l’apport ce nouveau peuplement، que les citadins et les nomades abâdhites donnèrent à leur chef ‘Abd er Rahmân le titre d’imâm.

C’est ainsi que nous voyons s’établir en plein Maghrib central un royaume berbère gouverné par des princes abâdhites d’origine persane qui se succèderont jusqu’en 296.

Les historiens donnent une durée de 6 ou 8 ans à l’imâmat d’ ‘Abd er Rahmân Notre chroniqueur nous déclare naïvement et malheureusement qu’il a oublié le chiffre des années de son règne.

Au témoignage de tous، 'Abd er Rahmân fut un modèle de simplicité، d’austérité et de désintéressement.

Son fils et successeur، ‘Abd el Ouahhàb، eut un long règne de quarante ans. Les premières années de son principat furent calmes et heureuses ; mais bientôt، sous le couvert de théories religieuses relatives à l’imâmat qu’a longument développées Abou Zakaryâ، les compétitions et les luttes d’influence se firent jour. L’élément nomade aspira bientôt، comme il l’a toujours fait dans les cités des hauts plateaux et du sahara، à jouer un rôle prépondérant dans les affaires de la ville et à exercer à son profit une action directe sur l’imâmat. C’ est alors que nous voyons se produire la première scission، qui donna naissance au grave schisme des Nokkâr. Le sang coule de part et d’autre. Meimoun، fils de ‘Abd el Ouahhâb est assassiné par les dissidents et، suivant Abou Zakaryâ، l’imâm lui-même n’échappe à leurs coups que grâce à sa perspicacité et à son ènergie. La cité berbère où régnaient l’union et la concorde a désormais ses çoffs، et les divisions amèneront fatalement la décadence du royaume.

Abou Sa’ id Aflah succède à son père ‘Abd el Ouahhàb. C’est le plus long règne de la dynastie des Benou Rostem، il eut une durèe de cinquante ou de soixante ans.

Energique et brave، préparé au commandement par les luttes dans lesquelles il a joué un rôle marquant، rompu au maniement des affaires avant la mort de son père، il gouverne avec autorité. La ville prend sous sa direction un développement extraordinaire. Par son habile politique، il réussit à rallier autour de lui les tribus et à se faire craindre d’elles، tout en maintenant la paix dans les groupes d’origines si diverses qui formaient la population de la ville.

Abou Bekr، fils d’Aflah، n’est porté au pouvoir à la mort de son père que grâce à l’absence de son frère Abou ‘lYaqzhàn، arrêté et retenu prisonnier par les ‘Abassides pendant qu’il faisait le … pèlerinage de la Mekke. Le nouvel

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