وقائع ندوة لمحات تاريخية وثقافية بين عمان وفرنسا مجهول

ندوة لمحات تاريخية بين عمان وفرنسا

الجزء ١ · صفحة ١٩٦

sation n'ait pas été reservée aux ressortissants des seules colonies françaises، mais ait pu s'appliquer également aux sujets d'Etats indé- pendants، comme pouvaient l'être des boutriers souriens. Il suffisait en effet que les boutriers résident partiellement dans une colonie française pour qu'ils puissent solliciter le pavillon français qui، au demeurant ne leur était pas toujours accordé، les autorités françaises insistant toujours sur les garantie nécessaires d'honorabilité et de moralité.

Toujours est-il que la pratique de la francisation des boutres va se propager، notamment chez les boutriers souriens، d'autant plus qu'un traité d'amitié avait été conclu entre Mascate et la France en 1844.

Si elle se propage، c'est parce que les uns et les autres y trouvent avantage. Un intérêt financier et politique pour la France. Une plus grande facilité dans les transactions commerciales، une plus grande sécurité dans les transports pour les boutriers désormais protégés par une puissance ayant de nombreux fonctionnaires coloniaux et consu- laires dans toute la région. Surtout la France ayant repoussé à plu- sieurs reprises comme une atteinte à sa souveraineté le droit de visite revendiqué par les Anglais sur les navires battant pavillon français، ceux-ci se trouvaient à l'abri du contrôle britannique.

Les Anglais regardent évidemment d'un mauvais oeil ces boutres battant pavillon français qui sillonnent la route des Indes، dont l'Oman constitue un élément essentiel. En 1872، un quotidien londonien écrit:

"Le Golfe persique est، plus même que la mer Rouge، le portail de l'Inde et malheur à nous si d'autres en tiennent la clé !"

Sans que l'on puisse avancer que la francisation des boutres procure à la France la clé du Golfe Persique-ce serait beaucoup exagérer-on constate néanmoins que la France est désormais plus présente dans la région et qu'elle entretient de bonnes relations avec le sultan de Mas- cate. L'ouverture en 1894 d'un consulat permanent à Mascate، la confi- ance que le Sultan témoigne à Ottavi، premier titulaire du poste، té- moignent d'un rapprochement entre les deux pays، qui sera notamment concrétisé en 1898 par l'attribution à la France d'un dépôt de charbon.

Les Anglais vont essayer de lutter contre cette présence، dont on a pu dire qu'elle permettait au sultan de Mascate de consolider son indé- pendance، en maintenant un équilibre entre intérêts français et britan-

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