ندوة لمحات تاريخية بين عمان وفرنسا
الجزء ١ · صفحة ٢٢٦Les marins portugais mirent 83 ans-quatre générations-pour contourner l'Afrique dont ils avaient sous-estimé les dimensions. Cette donnée impressionnante exprime bien la difficulté incroyable aujourd'hui، d'une entreprise dont les paramètres techniques، financiers، scientifiques furent d'abord moins déterminants que sa dimension psychologique. Plus tard، lorsque fut ouverte la première ligne maritime régulière entre Lisbonne et Goa، chaque rotation des navires de la "Carreira da India" durait presque deux ans، souvent trois، parfois plus. La rivalité entre Portugais et Arabes d'abord، entre Européens ensuite، pour la maîtrise et le contrôle de l'antique route maritime de l'encens، des épices et de la soie، fut impérieusement structurée par cette implacable arithmétique de voyages au long cours que leur durée rendait mortels. Fièvres، dysenterie، mais surtout scorbut étaient des fatalités réservées aux navigateurs venus d'Europe، car ils étaient seuls condamnés à d'aussi longs transits sans escales de rafraîchissement. Il arrivait، au XVIème siècle، qu'une grosse nef portugaise arrivât à Goa avec quelque 200 survivants sur les mille qui avaient quitté Lisbonne huit mois plus tôt.
La modestie des relations maritimes régulières entre la France et l'Oman découle simplement à la fois de la géographie de l'océan Indien، d'une cinématique économique et sanitaire qui engageait à limiter la durée des voyages، de la violence des conflits d'intérêts entre les nations occidentales، et des mauvais hasards de l'histoire politique de l'Europe. Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle، les navires de la Compagnie française des Indes، épuisés par leur interminable cheminement à travers l'Atlantique à la recherche des vents portants، coupaient au plus court، franchi le Cap، vers leur destination . Ils faisaient route directement vers les Mascareignes et vers les établissements de l'Inde، ou vers les détroits de la Sonde ou de Malacca s'ils se dirigeaient vers la mer de Chine. Les Portugais s'étaient lancés dans les premières années du XVIème siècle à la conquête immédiate de l'Arabie، car là se trouvait alors la clé du monopole immémorial du commerce avec l'Orient. Plus tard، dans un océan désormais ouvert au commerce occidental، la simple pratique du négoce en direction des Indes et de la Chine n'exigeait plus de s'inquiéter des eaux arabes، même après que les Omanais eussent recouvré leur pleine souveraineté. Le chevalier François Martin، futur gouverneur général des Indes et fondateur de Pondichery، débarqua en 1669 à Mascate de la "Marie"، navire de la Compagnie des Indes، une dizaine d'années après la victoire omanaise sur l'envahisseur portugais. Cette visite avait un caractère exceptionnel. En effet، seuls les petits
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